Des gamins dans un cimetière… Un titre intriguant… Une
poupée clouée sur une croix… Un jeune garçon à lunette
qui paraît bien ennuyé… Une petite fille
effondrée et rageuse… Etonnante couverture que
celle de l’album Mon cousin dans la mort. Intrigué,
le lecteur ouvre cet album sans savoir vraiment à quoi
s’attendre.
Au début des années 1960, le train-train quotidien
de la cour d’école d’un petit village
du Sud-Ouest de la France va être bouleversé par
l’arrivée de Maurice, jeune garçon recueilli
par sa tante alors que ses parents sont encore dans une Algérie
en pleine tourmente. Lucien, autre gamin de ce microcosme
campagnard, est intrigué par la jolie fille du fossoyeur.
Ne dit-on pas que cette gamine solitaire, qui semble parler
aux morts, est un peu sorcière…
Rivalités enfantines, cruautés infantiles… Mon
cousin dans la mort est l’histoire d’enfants
confrontés trop vite à des problèmes
qui devraient rester réservés aux adultes :
la mort, la guerre… Avec talent, François Duprat brosse un récit intimiste qui se révèle,
sans les lourdeurs du témoignage historique, un sensible
acte de mémoire. Comme l’écrit si bien
le dessinateur Frank en quatrième de couverture : “Cette
histoire laisse un goût étrange, de ces goûts
laissés par les expériences que nous avons
faites, enfants, quand il nous manquait des clés importantes
et que les pulsions fondamentales étaient déjà bien
là, dans toutes leurs puissances originelles“… A
découvrir.
|