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La Légende du Changeling - Tome 1 : Le mal-venu, par Pierre Dubois, Xavier Fourquemin (Le Lombard)

La Légende du Changeling

Tome 1 : Le mal-venu

Scénario : Pierre Dubois
Dessins : Xavier Fourquemin
Couleurs : Scarlett Smulkowski

Le Lombard

Et ainsi la légende se mit en œuvre

La Légende du Changeling est une de ces histoires merveilleuses que l’on raconterait bien volontiers au coin du feu les soirs d’hiver. Dans un petit village perdu dans la lande du Dartmoore, quelque part dans la campagne anglaise au XIXe siècle. Un bébé, placé sous la garde de sa grande sœur, est enlevé. La mère a beau hurler, pleurer, le petit garçon a bien disparu. Suite à un pacte passé avec des êtres de légende, un enfant est rendu. Ce n’est pas le bébé, mais un autre, aux yeux étranges. Le lecteur suit les premiers pas de Scrubby, c’est son nom, gambade avec lui à travers la lande et la forêt, rencontre notamment ce vieux, avec lequel il devient ami.

Mais les temps sont durs, et une ou deux mauvaises récoltes mettent à genoux la famille du petit garçon espiègle. Expulsée de sa maison, elle doit quitter son village et surtout sa forêt, pour Londres, pieuvre vorace qui attire les hommes comme des aimants pour quelques piécettes en échange d’un travail harassant. Mais déjà, une ombre rôde autour de Scrubby. Un drame se prépare, dans les ruelles sombre de la grande ville. La Légende du Changeling est prête pour son grand dessein…

Grand connaisseur des mondes parallèles, des fées, elfes et autres créatures magiques, Pierre Dubois manie les mots, les rythmes et rebondissements avec aisance, embarquant ses lecteurs dans ces histoires emplies de rêves et de magie. Xavier Fourquemin, lui, fait preuve de suavité, de douceur, d’émotion dans sa façon de dessiner, et traite ses sujets avec générosité - en atteste l’excellent Miss Endicott (sur un scénario de Jean-Christophe Derrien). L’association de ces deux talents fonctionne bien. Pierre Dubois et Xavier Fourquemin prennent le temps - mais pas trop - d’installer leur histoire, donnent au lecteur des clés pour entrer dans leur conte en douceur.

De plus, ils arrivent à faire passer beaucoup de messages, tels les rapports difficiles dans une famille : la mère aime Scrubby autant qu’elle le hait, le père essaie d’intervenir mais ne semble pas toujours savoir comment, la sœur feint la neutralité mais ne s’en laisse pas conter. Il faut aussi noter les regards des personnages de Xavier Fourquemin : d’une case à une autre, quasiment rien ne bouge dans le visage, si ce n’est une toute petite inflexion dans le sourcil, une nuance dans le rond de l’œil, qui donne toute sa force au regard.

L’histoire bien campée dans ce premier opus - servi aussi, il est vrai, par des couleurs chaleureuses -, le lecteur attend le prochain tome avec sérénité.

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Mickael du Gouret

Du même dessinateur :

Miss Endicott - T1 & 2
15/06/2008