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Après avoir dessiné Le Vol du Spirit en 1998, vous avez cessé votre longue collaboration avec Jacques Martin sur Lefranc. Martin, qui est vraiment votre maître à penser en matière de dessin.
Tout à fait. Si Jacques Martin n'avait pas cherché quelqu'un pour reprendre Lefranc, je serai probablement resté maquettiste chez Dargaud. Grâce à cette rencontre, j'ai pu réaliser tout ce que je rêvais de faire, devenir auteur de BD.

Vous ne regrettez pas d'avoir interrompu cette collaboration ?
Ça ne c'est pas fait facilement. J'étais attaché à la série, malgré tout, c'est elle qui m'a fait démarrer, c'est un personnage que j'aimais quand j'étais petit. Quand je lisais La Grande Menace, je n'imaginais pas un jour dessiner cette série, une série importante du journal Tintin. Mais c'est vrai qu'il y avait une petite lassitude au niveau du travail quotidien. Pour ce qui est du scénario, quand les textes arrivaient, j'étais obligé de le rappeler pour lui expliquer ce qui n'allait pas.

Il déclare souvent, qu'après sa mort, ses collaborateurs trouveront plein de synopsis d'histoires.
Oui, mais je ne sais pas qui réalisera la mise au point de ces histoires. Il a souvent une bonne idée de départ, mais il se repose sur son expérience et son génie inné. Les gens disent souvent que Martin est un mauvais dialoguiste. Pourtant, croyez-moi, il savait écrire. Relisez donc La Tiare d'Oribal : il y a du texte, c'est superbement écrit et drôlement bien mené.

Avez-vous eu l'occasion de lire le scénario du prochain Lefranc, La Colonne que dessine Christophe Simon ?
Non, mais j'ai vu quelques planches. Simon se débrouille très bien. On ne voit jamais les scénarios parce que Jacques les écrit au fur et à mesure. Il a gardé le côté feuilletoniste de l'époque du journal Tintin. Moi, avant de commencer un Vasco, j'ai besoin d'écrire mes 46 pages même si après je change des détails. J'aime savoir où je vais. De plus, la longueur de Martin a toujours été le 62 planches. Il a un style de narration ample qui serait plus à l'aise dans un 62. C'est très net quand on lit Opération Thor qui démarre sur un rythme très mystérieux, avec ce sous-marin qui traverse l'Atlantique. Cela prend les trois quarts de l'album, alors que Martin avait prévu que la partie américaine occupe la moitié de l'histoire. Il y avait matière pour faire deux tomes mais il ne voulait pas faire des histoires en plusieurs volumes.

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Illustration extraite de Lefranc - T13: Le Vol du Spirit © Martin, Chaillet, Dargaud

 
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