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Stalingrad Khronika - Tome 2 : Seconde partie, par Sylvain Ricard, Franck Bourgeron, collection Aire libre (Dupuis)

Stalingrad Khronika

Tome 2 : Seconde partie

Scénario : Sylvain Ricard
Dessins : Franck Bourgeron
Couleurs : Claire Champion

Dupuis, collection Aire libre

Carnage

Un à un, les membres de l’équipe de cinéma se font capturer par un petit groupe de soldats qui massacrent les déserteurs juste à l’intersection de la ligne de front. Chacun justifie sa présence en clamant qu’ils sont venus pour faire un film en hommage à Staline. Mais, ils ne sont pas crus. Chacun surveille l’autre pour espérer survivre d’autant plus que les Allemands sont tout prêts. Les Russes voient des ennemis partout, des espions, des taupes, des agents du NKVD. Tous sombrent dans le doute. Sous tension, certains s’entretuent et cela finit par un beau carnage…

Sylvain Ricard avait usé de dérision et d’absurde dans la première partie. Ici, il nous propose de terminer par un épouvantable drame. Si Stalingrad a été une boucherie et la clé dans la victoire des alliés, le scénariste met en avant la sauvagerie des militaires dirigés par un dictateur. Toutefois, ici, la Seconde Guerre mondiale n’est qu’un prétexte aux règlements de comptes. Chaque personnage ne pense qu’à sauver sa peau. Staline est devenu l’excuse des faibles. On pense à Kafka et Marc-Antoine Mathieu pour le non-sens des acteurs. Ricard (qui n’a pas bu un coup de trop !) se concentre sur l’enjeu de cette folie : une bobine de film. Celle-ci est outrageante et peut faire exploser les personnages. Les survivants ne le doivent pas à leur courage, mais à l’intelligence.

Graphiquement, Frank Bourgeron s’en tire avec les honneurs. Il dessine des personnages truculents à souhait. Les décors sommaires et lugubres apportent à cette comédie dramatique et tragique la sueur qui perle au front des acteurs. Les cases n’ont pas de contours ; ce qui éclaire le propos. Les couleurs de Claire Champion (qui n’a pas volé son nom) ajoutent au suspense qui s’installe peu à peu.

Malgré une longue attente, voici une conclusion époustouflante qui mêle les horreurs de la guerre et les hommes qui en sont coupables…

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Jean Goossens

Dans la même série :

Stalingrad Khronika - T1, par Sylvain Ricard, Franck Bourgeron

Du même scénariste :

Toi au moins, tu es mort avant, par Sylvain Ricard et Myrto Reiss, Daniel Casanave François sans nom - T1: Le sculpteur et la voleuse, par Sylvain Ricard et Sylvain Runberg, Marco Bianchini Les Rêves de Milton: Intégrale, par Frédéric Féjard et Sylvain Ricard, Maël

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16/10/2013