| La
vengeance du comte Skarbek porte bien son titre. Il s'agit
en effet d'un comte Polonais, riche et mystérieux,
qui revient à Paris en 1843, après dix ans
d'absence, pour avoir sa revanche sur un banquier qui l'a
jadis manipulé.
Ce bref résumé n'est pas sans évoquer un certain comte de
Monte-Christo. Mais Yves Sente, le scénariste, assume parfaitement la
filiation, au point d'intégrer dans son histoire Auguste Maquet, le célèbre
Nègre d'Alexandre Dumas. A l'en croire, ce serait même le récit
judiciaire du comte Skarbek qui aurait inspiré Monté-Christo. Ce
n'est d'ailleurs pas le seul clin d'œil que se permet le scénariste
puisqu'il cite à plusieurs reprises un musicien Polonais prénommé Frédéric
qui n'est pas sans rappeler Chopin. Sente s'appuie également sur une solide
documentation de l'époque mêlant habilement, sans être didactique,
l'Histoire de France, L'Histoire Polonaise et l'Histoire de la Belgique naissante.
Mais il sait ajouter des éléments romanesques (meurtre, viol, combat
aux sabres…) afin de coller à l'esprit feuilletonesque du 19 ème
siècle.
Quant à la partie graphique de l'album, on sent que Rosinski, le dessinateur,
après Western, se lâche de nouveau pour s'écarter du classicisme
propre à sa série phare, Thorgal. Son dessin, sans aucun encrage,
y gagne en spontanéité et en puissance. Ses couleurs directes sont
tout simplement magnifiques.
En
conclusion, une petit citation de circonstance:" On peut violer l'Histoire à condition
de lui faire de beaux enfants." Alexandre Dumas. Assurément, il s'agit
là d'un splendide bébé.
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