Auracan » chroniques » Le Printemps humain - Tome 1 : Combattants
Le Printemps humain - Tome 1 : Combattants, par Hugues Micol (Casterman)

Le Printemps humain

Tome 1 : Combattants

Scénario, dessins et couleurs : Hugues Micol

Casterman

La révolte des Sapiens

La terre a depuis longtemps été conquise par des extra-terrestres, les Orts. Dans un Paris totalement transformé, Jaq dirige l’Agence terrienne et négocie au quotidien avec ces derniers. Son frère Téomas a choisi l’option inverse : depuis les bas-fonds, il fomente une révolution pour chasser l’occupant. Mais les Orts sont-ils si mauvais ? Les intentions des révolutionnaires sont-elles si pures ? Et surtout, quel prix les sapiens auront-ils à payer pour retrouvrer leur liberté ?

Hugues Micol multiplie les références à des soulèvements bien réels pour caractériser son Printemps humain. En effet, c'est de l'histoire d'une révolution qu'il s'agit, avec les tensions et déchirures qu'elle entraîne. Affrontements armés et conflits familiaux laissent peu de leurs protagonistes indemnes. Originalité de ce Printemps humain : c'est face à des colonisateurs extra-terrestres que les Sapiens (comme ils nomment les humains) se réveillent.

L'auteur nous livre donc un récit construit sur une base classique, mais l'étrangeté de nos adversaires y apporte tout son piment, en commençant par entraîner une étonnante mise en images. En effet, Micol nous livre de ces envahisseurs un portrait rétro-futuriste, fort décalé par rapport à l'imagerie SF classique. On frôle le kitsch, le grotesque parfois, tant du côté des Orts que de leur technologie et de leur remodelage de la ville lumière. L'esthétique déconcerte, tout comme les couleurs, vives et agressives. Le contraste avec les Sapiens est d'autant plus marqué que leur image à eux semble ancienne, désuète, et non exempte des clichés du "révolutionnaire idéaliste".

Pourtant, on se laisse assez aisément emporter par l'intrigue. Hugues Micol la conjugue à plusieurs niveaux, fait intervenir de nombreux personnages et mène adroitement sa barque. Assez, en tous cas, pour éveiller la curiosité quant à un deuxième volet, à condition d'accepter un univers pictural situé quelque part entre steampunck et psychédélisme. L'auteur nous a surpris plus d'une fois et se renouvelle encore.

Partager sur FacebookPartager
Pierre Burssens

Du même dessinateur :

Prestige de l'Uniforme, par Loo Hui Phang, Hugues Micol D'Artagnan ! - T1: La Sublime Porte, par Éric Adam, Hugues Micol
24/04/2015