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Jean-David Morvan

Jean-David Morvan fait partie de ces jeunes scénaristes révélés au cours de la décennie 1990. Avec des séries comme H.K., Nomad, Sillage, 7 Secondes, il multiplie les collaborations avec les dessinateurs Buchet, Hérault, Li-An, Parel, Savoia. Etiqueté auteur SF, il s'ouvre à d'autres horizons : polars, péplums.

Rencontre avec un scénariste moderne et inspiré, débordant de projets.

Votre actualité est très riche. Faisons défiler vos différentes réalisations. Le tome 5 de Nomad est sorti fin 2000, clôturant cette histoire. Vous êtes heureux de l'avoir menée à terme ?
Oui, car cela représente beaucoup de pages, 680 exactement. J'espère qu'on en fera une intégrale, ce serait impressionnant ! Il y a un lecteur qui m'a confié avoir lu les cinq d'un coup et avoir trouvé la série cohérente et intéressante. Ça m'a fait plaisir car ce n'était pas évident au début. Je ne pensais pas du tout arriver à cette conclusion en démarrant. Mais c'est vraiment intéressant de se rendre compte que des éléments anecdotiques au départ peuvent se transformer en événements majeurs au fil d'une série. J'ai commencé cette histoire en 1993, et j'avoue que ça m'a vraiment fait drôle d'écrire la dernière page de Nomad.

Navis (Sillage) par BuchetVotre collaboration avec le dessinateur Savoia est ainsi terminée, mais on ne peut pas imaginer que vous ne fassiez pas quelque chose d'autre ensemble.
En effet, on ne peut pas ! Sylvain a mis du temps à s'en remettre, mais on a un projet ensemble. Ça a été dur pour lui de dessiner autant de planches en six ans, même si Philippe Buchet l'a aidé sur les deux premiers tomes. Mon scénario est prêt, il ne reste plus qu'à le présenter aux éditeurs. J'ai imaginé cette nouvelle série, Al Togo presque en même temps que Nomad. Sans entrer dans les détails, c'est un thriller mettant en scène un flic de la toute nouvelle police européenne. Vie quotidienne, enquêtes et problèmes sociaux de l'Europe entière : il y a pas mal de mentalités et particularités à traiter, les décors changeront souvent, il y a vraiment de quoi faire !

Autre sortie récente, Engrenages, troisième volume de Sillage. Jusqu'où, Buchet et vous, comptez-vous amener votre héroïne Nävis ?
Je crois qu'on aurait dû appeler cette série "Les Aventures de Nävis", mais ce n'est pas une habitude de la "culture Delcourt". Chaque album constitue une aventure. Je n'ai pas un nombre déterminé d'albums. Mais, Philippe et moi connaissons la fin. Ça peut apparaître déplaisant pour le lecteur : on n'expliquera pourquoi elle a des bandes sur le corps qu'à la fin, dans la dernière page du dernier album. On a beaucoup d'idées pour les prochains tomes. On est parti pour une dizaine d'albums.

L'accueil de cette série est assez positif.
A chaque nouvel album, on craint un peu les réactions des lecteurs. Avoir fait le pari de changer d'univers à chaque tome était dangereux : la jungle pour le premier, le convoi pour le second, une autre planète pour le troisième. A chaque titre, on change d'endroits et d'ambiances. J'ai envie de passer par un polar, par un album plus techno, par une histoire de guerre. On veut absolument éviter de tourner en rond, on souhaite surprendre le lecteur à chaque fois sans lui déplaire. C'est un pari difficile, autant que de faire entrer un univers, une aventure et des personnages nouveaux à chaque fois dans un album ! Le prochain, pour août 2001, sera plus orienté fantasy.

H.K. par Kévin Trantkat Hérault

Parlons maintenant de H.K. : le quatrième tome est enfin paru, à Angoulême. Pourquoi avoir tant tardé, alors que vous déclariez à Auracan en 1997, "le pari est de faire 136 planches en huit mois" ?
Ça aurait été la perfection, mais c'était invivable pour Kévin Hérault de dessiner tant de planches en si peu de temps. Il ne pouvait plus suivre et pourtant, ce n'est pas l'envie qui manquait. Un seul album représente l'équivalent de trois bd classiques. Il y a des dessinateurs qui mettent dix ans à faire trois albums. Lui, avec sa production actuelle, il tourne à une moyenne de 100 pages par an. De plus, il fait désormais ses couleurs. C'est pour cela que l'on change de format : on passe en 64 pages, dans un format plus grand. Le rythme sera de trois albums tous les deux ans.

Dans cette même interview de 1997, vous aviez annoncé 12-15 albums pour cette série. Ça marche toujours ?
A l'époque, la série devait comporter 15 albums de 136 pages. Avec ce changement de format, il y aura plus d'albums. C'est un très gros projet pour Kévin, même s'il fait d'autres choses à côté. L'intérêt de H.K. est de prendre un héros juste après l'adolescence et de le faire évoluer. Le héros vieillit en même temps que nous, les problématiques vont ainsi évoluer, je trouve que c'est une démarche intéressante parce que, même si nous savons où nous l'emmenons, nous ne savons pas encore exactement comment il y arrivera.

H.K. par Kévin Hérault

Trantkat abandonne son pseudo. Il signe le quatrième sous son nom, Kévin Hérault, dont les initiales nom-prénom donnent HK.
Au début, on a longtemps cherché un titre, puis on a opté pour H.K. : ça claque bien, c'est une marque d'armes autrichienne, le héros s'appelle Karl Hollister, et ce sont les initiales de Kévin. Il faut savoir que l'univers de base de cette série est un jeu de rôle que Kévin avait développé, où les héros avaient les initiales des participants. Kévin abandonne son pseudo car il l'avait choisi jeune, vers 17 ans. Il est logique de revenir à son nom au bout d'un moment. De plus, dans les interviews, tout le monde l'appelait Kévin, ou Kévin Hérault dit Trantkat.

Illustrations: 1. Nävis (Sillage) © Buchet, Morvan, Delcourt - 2 & 3. H.K. © Kévin "Trantkat" Hérault, Morvan, Glénat.

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