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Votre actualité est très riche. Faisons défiler
vos différentes réalisations. Le tome 5 de Nomad
est sorti fin 2000, clôturant cette histoire. Vous êtes
heureux de l'avoir menée à terme ?
Oui, car cela représente beaucoup de pages, 680 exactement.
J'espère qu'on en fera une intégrale, ce serait impressionnant
! Il y a un lecteur qui m'a confié avoir lu les cinq
d'un coup et avoir trouvé la série cohérente et intéressante.
Ça m'a fait plaisir car ce n'était pas évident au début.
Je ne pensais pas du tout arriver à cette conclusion
en démarrant. Mais c'est vraiment intéressant de se
rendre compte que des éléments anecdotiques au départ
peuvent se transformer en événements majeurs
au fil d'une série. J'ai commencé cette histoire en
1993, et j'avoue que ça m'a vraiment fait drôle d'écrire
la dernière page de Nomad.
Votre
collaboration avec le dessinateur Savoia est ainsi terminée,
mais on ne peut pas imaginer que vous ne fassiez pas
quelque chose d'autre ensemble.
En effet, on ne peut pas ! Sylvain a mis du temps à
s'en remettre, mais on a un projet ensemble. Ça a été
dur pour lui de dessiner autant de planches en six ans,
même si Philippe Buchet l'a aidé sur les deux premiers
tomes. Mon scénario est prêt, il ne reste plus qu'à
le présenter aux éditeurs. J'ai imaginé cette nouvelle
série, Al Togo presque en même temps que Nomad.
Sans entrer dans les détails, c'est un thriller mettant
en scène un flic de la toute nouvelle police européenne.
Vie quotidienne, enquêtes et problèmes sociaux de l'Europe
entière : il y a pas mal de mentalités et particularités
à traiter, les décors changeront souvent, il y a vraiment
de quoi faire !
Autre sortie récente, Engrenages,
troisième volume de Sillage. Jusqu'où, Buchet
et vous, comptez-vous amener votre héroïne Nävis ?
Je crois qu'on aurait dû appeler cette série
"Les Aventures de Nävis", mais ce n'est pas une habitude
de la "culture Delcourt". Chaque album constitue une
aventure. Je n'ai pas un nombre déterminé d'albums.
Mais, Philippe et moi connaissons la fin. Ça peut apparaître
déplaisant pour le lecteur : on n'expliquera pourquoi
elle a des bandes sur le corps qu'à la fin, dans la
dernière page du dernier album. On a beaucoup d'idées
pour les prochains tomes. On est parti pour une dizaine
d'albums.
L'accueil de cette série est
assez positif.
A chaque nouvel album, on craint un peu les réactions
des lecteurs. Avoir fait le pari de changer d'univers
à chaque tome était dangereux : la jungle pour le premier,
le convoi pour le second, une autre planète pour le
troisième. A chaque titre, on change d'endroits et d'ambiances.
J'ai envie de passer par un polar, par un album plus
techno, par une histoire de guerre. On veut absolument
éviter de tourner en rond, on souhaite surprendre le
lecteur à chaque fois sans lui déplaire. C'est un pari
difficile, autant que de faire entrer un univers, une
aventure et des personnages nouveaux à chaque fois dans
un album ! Le prochain, pour août 2001, sera plus orienté
fantasy.
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Parlons maintenant de H.K. :
le quatrième
tome est enfin paru, à Angoulême. Pourquoi
avoir tant tardé, alors que vous déclariez à Auracan
en 1997, "le pari est de faire 136 planches en huit
mois" ?
Ça aurait été la perfection, mais c'était invivable
pour Kévin Hérault de dessiner tant de planches en si
peu de temps. Il ne pouvait plus suivre et pourtant,
ce n'est pas l'envie qui manquait. Un seul album représente
l'équivalent de trois bd classiques. Il y a des dessinateurs
qui mettent dix ans à faire trois albums. Lui, avec
sa production actuelle, il tourne à une moyenne de 100
pages par an. De plus, il fait désormais ses couleurs.
C'est pour cela que l'on change de format : on passe
en 64 pages, dans un format plus grand. Le rythme sera
de trois albums tous les deux ans.
Dans cette même interview de
1997, vous aviez annoncé 12-15 albums pour cette série.
Ça marche toujours ?
A l'époque, la série devait comporter 15 albums de 136
pages. Avec ce changement de format, il y aura plus
d'albums. C'est un très gros projet pour Kévin, même
s'il fait d'autres choses à côté. L'intérêt de H.K.
est de prendre un héros juste après l'adolescence et
de le faire évoluer. Le héros vieillit en même temps
que nous, les problématiques vont ainsi évoluer, je
trouve que c'est une démarche intéressante parce que,
même si nous savons où nous l'emmenons, nous ne savons
pas encore exactement comment il y arrivera.
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Trantkat abandonne son pseudo.
Il signe le quatrième sous son nom, Kévin Hérault, dont
les initiales nom-prénom donnent HK.
Au début, on a longtemps cherché un titre, puis
on a opté pour H.K. : ça claque bien, c'est une marque
d'armes autrichienne, le héros s'appelle Karl Hollister,
et ce sont les initiales de Kévin. Il faut savoir que
l'univers de base de cette série est un jeu de rôle
que Kévin avait développé, où les héros avaient les
initiales des participants. Kévin abandonne son pseudo
car il l'avait choisi jeune, vers 17 ans. Il est logique
de revenir à son nom au bout d'un moment. De plus, dans
les interviews, tout le monde l'appelait Kévin, ou Kévin
Hérault dit Trantkat.
Illustrations: 1. Nävis
(Sillage) © Buchet, Morvan, Delcourt - 2
& 3. H.K. © Kévin "Trantkat"
Hérault, Morvan, Glénat.
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